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2020-12-08 – Tokyo Medical Association

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L’association médicale de Tokyo explique le 8 décembre 2020 la situation infectieuse à Tokyo.

Présentation du président de l’association

Le but pour nous est de diminuer le nombre de personnes infectées et dans un état grave, et de préserver le système de soins. Nous pensons à cela très sérieusement.

Ce sont les humains, pas les lits qui préservent le système médical

Ce sont les humains, pas les lits qui préservent le système médical. Comme vous le savez tous, on a tendance à dire qu’il reste un certain nombre de lits, donc le système peut encore accepter des patients en état grave. Certains disent que parce qu’on a encore des lits, cela va. Je pense que si on regarde la situation actuelle dans certains endroits, on se rend bien compte que ce n’est pas la réalité. Notre rôle n’est pas de sécuriser des lits. Ce qui est important c’est de savoir combien de personnes travaillent dans un endroit. C’est cela le problème.

Nous ne parlons pas seulement de médecins, mais aussi d’infirmiers et le personnel hospitalier qui utilise les machines, ainsi que le reste du personnel.

À l’heure actuelle, le virus se propage dans tout Tokyo. On trouve des cas d’infection depuis tous les 23 districts, la partie sud et ouest de la préfecture dans son ensemble. Le virus s’est largement propagé dans la région de Tama. Maintenant, ce qui diffère de la deuxième vague, ce qui est une caractéristique particulière, le nombre de cas dans les tranches d’âge moyen ou plus âgé a tendance à s’accroitre. Parmi eux, le nombre de personnes hospitalisées est, comparé à octobre, environ 1850. Cela représente à une croissance de 1,8 fois.

Ce ne sont pas que les cas graves qui posent problème

Le nombre de cas graves est passé de plus ou moins 25 à 60 cas aujourd’hui, soit une multiplication par environ 3. Le fait que le nombre de cas graves augmente est très contrariant. Cependant, dans le cas de Tokyo, les personnes asymptomatiques ou avec des symptômes légers sont mis en observation dans des établissements d’hébergement ou à domicile. Donc, les patients hospitalisés sont essentiellement dans un état relativement grave ou grave. Ensuite, il y a des personnes âgées ou avec une condition préexistante.

Donc, pour le moment, le nombre de cas graves est effectivement problématique, mais en fait, avec la progression du nombre de personnes âgées hospitalisées, de personnes qui ne sont pas en mesure de s’occuper d’elles-mêmes, par exemple ne peuvent pas bouger facilement. Pour celles-ci, il faut des soins infirmiers. S’en occuper ajoute du travail pour chaque personnel médical. La durée d’hospitalisation s’allonge aussi.

Ce qui veut dire que les gens ont tendance à se concentrer sur le nombre de lits sécurisés pour les cas graves, mais comparé à ce que nous avons déjà connu, parce qu’il y a plus de personnes d’un âge moyen ou avancé, la charge de travail est particulièrement importante. Nous vous demandons votre compréhension.

La lutte continue contre la COVID-19 et la fatigue des médecins

Ensuite, dans la situation présente, les médecins ne sont plus en mesure de préserver le système de soins. En août, septembre, octobre, et novembre, ils ont continuellement eu à surveiller l’état sur le terrain de plus de 1000 patients infectés. Leur état physique et moral est affecté. De plus, comme on en parle souvent, ils se demandent ce qui va se passer pour leur bonus, etc., et sont conscients qu’ils ne peuvent pas s’attendre à des montants satisfaisants.

Tout à l’heure, le Dr. Hirakawa va nous parler des aspects psychologiques, mais pour le personnel hospitalier aussi, la tension est particulièrement importante et fatigante.

Maintenant, nous sommes arrivés au mois de décembre, et ils sont confrontés à la croissance forte du nombre de patients en novembre et décembre. Cela amène un niveau de fatigue encore plus important.

La continuité des soins n’est plus garantie

Dans la situation présente, il n’est pas possible de garantir la continuité des soins. Nous nous approchons d’une situation où l’augmentation des cas va empêcher de s’occuper des patients pour d’autres soins. Certaines opérations ont déjà dû être reportées.

Quand on parle d’hiver, il faut penser par exemple aux angines, infarctus du myocarde, maladies aortiques, insuffisances cardiaques, pneumonies, etc. Ce genre de problèmes s’accroit brutalement en hiver. Le nombre de patients aux urgences augmente. Plus il fait froid, plus ils sont nombreux.

Aujourd’hui, dans ma clinique, une personne avec un cœur fragile avaient une température de 35 degrés. J’ai bien entendu fait un test pour le coronavirus et pour la grippe, qui sont tous deux sortis négatifs. Mais quand j’ai regardé les radiographies, elles montraient une marque de pneumonie aux deux poumons, ce qui les avait mis en insuffisance cardiaque. Il s’agissait de personne âgée. À partir de maintenant, ce genre de cas va augmenter progressivement.

C’est dans ce contexte qu’il faut examiner les patients, et les patients qui arrivent en urgence. Si cela continue, nous arriverons sans aucun doute à une situation où nous ne pourrons pas voir tout le monde. Cela me donne un très fort sentiment de crise.

N’est-ce pas le rôle de la population du pays, de la préfecture et des gouvernements de préserver système médical ? Nous avons demandé à l’État de suspendre les flux de personnes, à commencer par la campagne Go To. Même si cela n’est que temporaire, nous leur demandons de suspendre cela. Des études commencent à démontrer que la campagne Go To joue un grand rôle dans cette situation. C’est vraiment une demande.

10% à 20% des jeunes générations souffrent de symptômes importants

Ensuite, nous demandons à la préfecture de Tokyo de continuer à mettre en place des mesures. Ensuite, pour la population, le dr. Kakuta va expliquer ce que nous demandons. Encore une fois, nous vous demandons encore une fois d’appliquer les règles de prévention. Tout particulièrement, je demande aux jeunes générations de les pratiquer.

On pense que les jeunes générations risquent moins une aggravation de leur état. Cependant, malgré tout, environ 10 à 20% des personnes de cette génération souffre de symptômes importants, selon ce que j’ai entendu.

Ensuite, j’aimerais que tous se souviennent grâce à qui ils sont nés. Il s’agit des parents. Et ces parents aussi ont des parents, qui sont des grands parents. Les humains vivent avec des connections sociales.

Aussi, certains peuvent dire qu’ils sont « ok ». Quand je regarde les interviews à la télévision, il y en a qui disent « on s’est déjà limité dans nos déplacements, alors on y va ». Ce n’est pas quelque chose que nous demandons d’arrêter pour toujours, mais cette fin d’année est critique. Aussi, je demande à toute la population de la capitale de se souvenir encore une fois que le coronavirus est dangereux et qui si beaucoup de personnes sont touchées, nous en subirons tous les conséquences.

Je vous en prie, repensez-y. Et décrétez que vous ne vous souhaitez pas d’infection, et vivez de façon à ce que cela n’arrive pas.

La presse parle de « il y a ce nombre de cas », « les gens s’agglutinent de cette manière », etc.

Néanmoins, je ne pense pas que le virus se propage quand on est dehors. Je ne demande pas de ne pas sortir. En revanche, je demande à tous de bien de garder en tête, de se souvenir du document du ministère de la Santé, du Travail et des Affaires Sociales. Il est dangereux d’enlever son masque et de parler avec d’autres, de parler fort, et je demande à chacun de revoir ce point.

Dr. Inokuchi – Situation infectieuse à Tokyo

Je présente ici les données du monitoring de Tokyo. Le nombre de nouveaux cas de la semaine dernière dépassait 400 personnes. Comme on peut le voir, ce nombre dépasse la première et deuxième vague. Il est important que la population de la capitale en soit consciente.

IMG - 2020-12-03 -Tokyo - Croissance du nombre de cas
2020-12-03 -Tokyo – Croissance du nombre de cas

Parmi les nouveaux cas, le nombre moyen glissant de personnes de plus de 50 ou 60 ans augmente très rapidement. Ces personnes utilisent beaucoup des ressources médicales quand elles sont hospitalisées. On peut parler du risque d’aggravation de leur état, mais il y a aussi qu’elles ont besoin d’être hospitalisées plus longtemps.

Nous avons un graphe qui montre que l’augmentation du nombre d’hospitalisations. Cependant, le nombre important de personnes âgées infectées est un grand problème.

Cas inexpliqués

Quand on parle du nombre de cas que l’on ne peut pas expliquer, il s’agit de personnes que l’on ne peut pas relier à des clusters (en rouge). On les appelle aussi les cas qui courent la ville. Ils sont utiles pour identifier l’étendue de la propagation du virus, et la présence de clusters potentiels. Quand on regarde le taux de croissance, ce nombre avait diminué à un moment, mais recommence à croître.

Nous demandons à chacun de nous aider sur ce point. Pendant longtemps, ce taux reste autour de 100%. Après la fin de la première vague, nous avions un taux de cas non expliqués sous la barre des 50%. Si ce taux reste à 100%, cela signifie que le virus va continuer à se propager. Je demande donc à tous de nous aider à le faire baisser en dessous de la barre des 50%.

Le nombre de personnes hospitalisées en date du 2 décembre atteignait 1629 personnes. Aujourd’hui (10 décembre), il dépasse 1850 personnes. En l’espace de 8 jours, il a dépassé 1850 personnes. En une semaine, cela augmente de plus de 200 personnes, ce que nous n’avons jamais connu jusqu’à présent.

Comparons le nombre de personnes hospitalisées, et en observation dans un établissement d’hébergement et à domicile. Le nombre de mises en observation a augmenté, mais le nombre d’établissements d’hébergement n’augmente pas. Ce nombre aurait dû augmenter bien plus que cela. Le nombre de personnes hospitalisées augmente, mais pas celui des personnes en hôtel.

Occupation des lits

Quand on recherche les raisons, on voit que les patients hospitalisés restent à l’hôpital plus longtemps (bleu). En revanche, les personnes en observation dans les établissements d’hébergement (jaune) ont peu de symptômes ou n’ont pas de symptômes. Aussi, celles-ci rentrent rapidement chez elles. C’est pour cela que le nombre de patients hospitalisés augmente plus que les autres.

Nous étions aussi inquiets concernant les personnes en observation à domicile (en rouge). (en vert, les personnes qui attendent une hospitalisation). Ces derniers temps, et c’est un peu différent de ce sujet, nous ne trouvons certaines personnes âgées qu’une fois qu’elles sont dans un état grave. Cela arrive souvent. Lorsque nous les trouvons, nous nous en occupons en tant que cas graves, mais malheureusement, certaines décèdent.

Lors d’une mise en observation, nous ne pouvons pas dire que cela arrive. Nous surveillons les personnes qui sont en observation à domicile, mais quand on est chez soi, il y a plusieurs types de risques. Donc, il ne s’agit pas de faire augmenter n’importe comment le nombre de personnes en observation à domicile. Il s’agit d’une décision qui doit être prise en connaissance de cause, et avec un moyen correct de surveillance.

Pour le moment, on pourrait supposer que ce nombre est contenu, ce qui est dommage.

Les cas graves

Pour terminer, les personnes dans un état grave. On pourrait avoir l’impression que le nombre de cas graves est stable. En fait, selon les statistiques, il y a un cas graves pour six nouveaux patients infectés. Cela arrive environ 6 ou 7 jours après qu’il est tombé malade. Donc, quand on a un taux d’infection élevé, c’est-à-dire qu’à un niveau de plus de 500 personnes par jour, il faut s’attendre qu’un peu plus tard, le nombre d’aggravations des cas augmente.

Aujourd’hui, il y en avait 60. On aurait pu penser que ce nombre avait diminué un peu, mais en fait, il a augmenté. Avoir ces aggravations de cas présente un grand danger, à mon avis.

Aussi, dans cette situation, quand on parle du système médical, pour plus de 1850 patients, Tokyo met à disposition 2800 lits. (NdT : ce nombre est passé à 3000 le 10 décembre). Nous avons un taux d’occupation d’environ 70%.

Assurer les soins pour les autres urgences

Dans le cas de Tokyo, les services d’urgences fonctionnent en moyenne de 80 à 85%. Cette oscillation entre 80-85% représente la capacité qu’ils ont pour s’occuper correctement des patients.

Cela permet de choisir un hôpital approprié pour fournir un traitement approprié. C’est le nombre idéal, à mon avis. Cependant, quand le nombre de lits occupés passe à 70%, les urgences pourraient passer à un taux de remplissage de 80% en un rien de temps. Si ce taux passe à 90%, même s’il y a des lits vides, on n’arrive plus à faire de triage. 

(NdT : cela signifie qu’on ne peut plus amener les patients dans le bon hôpital, et il ne peut plus recevoir les soins dont il a besoin en fonction de son état de santé. Cela présente des risques pour la santé du patient.) 

C’est pour cela que nous souhaitons limiter le taux d’occupation des lits à 70%. 

Pour Tokyo, il y a un plan pour le stade 4, où il faudra au bout du compte 4000 lits. Un tel plan existe. Cependant, si dans le futur, le nombre de lits dépasse 3000, les soins pour les autres maladies ne fonctionneront plus aussi bien. Cela posera un gros problème. 

Ne pas avoir à choisir qui sauver

C’est dans cette situation que les patients avec des maladies graves, des problèmes cardiaques, d’aorte, ceux qui ont une maladie cérébrale, risquent d’avoir du mal à se faire soigner. Nous nous approchons progressivement de cette situation. 

Les difficultés pour trouver un établissement médical et la vitesse me rappellent la première vague. 

Ensuite, d’un point de vue de la sécurité, nous avons un plan qui prévoit les lits pour les stades 2, 3, et 4. Cependant, j’ai l’impression que nous passons une série de difficultés, et cela est particulièrement inconfortable. Si nous n’arrêtons pas ce cycle à un point, nous risquons d’avoir d’autres problèmes connexes. Nous risquons d’arriver à un stade où « on souhaite sauver une vie, on pourrait normalement sauver cette vie, mais on ne peut pas la sauver ». Je pense que nous sommes arrivés à ce niveau d’alerte qui restera tant que la situation perdure. 

Durant le monitoring de Tokyo, nous définissons la couleur rouge ou orange. Nous mettons la couleur rouge quand nous sommes vraiment en difficulté. De fait, le système de soins médicaux est épuisé. Pour nous (médecins), la couleur rouge ou orange n’est pas le point important. Ce qu’il faut retenir c’est que si nous continuons sur la même voie, nous allons passer au rouge. Nous souhaitons que tous le sachent, le comprennent, et coopèrent avec nous. 

Pour éviter que nous passions au stade rouge, il y a un seul moyen. Chacun doit « s’abstenir de transmettre et d’attraper le virus, empêcher que le virus ne se propage ». C’est en faisant ainsi que nous arriverons à limiter le nombre de nouveaux patients. Il n’y a pas d’autres moyens.

Dr. Kakuta – aide aux communautés minoritaires

Je souhaite parler de trois points. 

Rappel des mesures

D’abord je souhaite rappeler à chacun l’importance de rester chez soi quand les sorties ne sont ni urgentes ni nécessaires, et de suivre les consignes de prévention du virus. 

Je pense que les gens sont habitués et sont fatigués de l’entendre, mais nous entrons dans ce que nous pourrions penser être la troisième vague. 

Continuons à porter un masque, nous laver les mains, éviter les « Trois F », aérer. 

Par exemple, si nous commençons à suivre ces consignes, les effets de notre changement de comportement ne sont apparents que 10 jours plus tard. La période d’incubation moyenne est d’environ 1 à 10 jours en moyenne. (NdT : la période d’incubation est la durée entre le moment où le virus entre dans le corps d’une personne et celui où on commence à avoir des symptômes). Ce n’est qu’après cela qu’on a des symptômes, qu’on fait des examens, et découvre qu’on a attrapé le virus. 

Aussi, je demande à chacun de continuer les gestes de prévention du virus. 

Le graphe suivant montre la progression du nombre de cas selon les annonces. Pour le pont du 23 novembre, qui durait 3 jours, nous avons appelé la population à la vigilance. Quand on regarde les chiffres 10 jours plus tard, on peut voir une légère augmentation du nombre de nouveaux cas. Nous demandons à chacun de continuer cette tendance à faire attention en prévision de la fin de l’année. 

Diffuser l’information aux communautés minoritaires, dont les étrangers

Le point suivant concerne les personnes qui ont des difficultés pour accéder à l’information. Les personnes qui ont du mal à recevoir des informations, sont celles qui ne parlent ni anglais ni japonais, ainsi que les autres personnes qui ne reçoivent pas les informations. Nous demandons donc d’enseigner à ces personnes les endroits où elles peuvent consulter et obtenir des informations. 

En fait, Tokyo offre plusieurs services dans des langues étrangères autres que le japonais et l’anglais. Nous souhaitons que ces informations circulent. 

Comme cela a été dit dans la présentation, de nombreuses régions de Tokyo connaissent une propagation importante du virus. Il y en a 5. Ce sont des régions dans lesquelles de nombreux ressortissants étrangers vivent, et qui se trouvent aussi être positifs quand on fait des tests PCR.

Donc nous souhaitons que l’on transmette aussi les informations à ces personnes, et leur permette de se faire soigner.

J’en arrive au troisième point. 

Comme le système médical pourrait s’effondrer

Le système médical est sous forte tension. Si jamais le système médical s’effondrait, ce serait surtout les urgences et les hospitalisations. Si on passe d’une surcharge de travail dans les hôpitaux à l’effondrement du système médical, cela finira par se propager à l’ensemble du système. 

Aussi, pour nous qui sommes dans le domaine médical, notre priorité première est de protéger les hôpitaux. Ensuite, nous demandons à la population de se reposer sur des informations exactes, pour obtenir le traitement approprié. 

Pour cela, il faut commencer par contacter le médecin du quartier (de famille), recevoir les instructions, appliquer les mesures de prévention, se rendre dans l’endroit indiqué en portant un masque. 

L’État a défini qu’il fallait prévoir 66000 tests par jour à Tokyo pour la grippe saisonnière.

Dans la situation présente, à mi-novembre, il y a plus 3400 établissements médicaux. Si on raisonne en termes de nombre maximum, chacun peut faire environ 22 tests par jour. Personnellement, j’espère que nous n’aurons pas de grosse épidémie de grippe cette année. Néanmoins, nous devons nous préparer à fournir un service dans une situation de nombreux cas. 

Comme vous le savez, la grippe de cette année pourrait toucher 10 à 30% de la population. Comme nous ne savons pas comment cela va se passer, nous souhaitons mettre en place un système pour les personnes qui ont de la fièvre etc. 

Penser aux autres maladies

Ensuite, il faut savoir que les personnes qui viennent nous consulter avec de la fièvre n’ont pas toujours la grippe. Il faut aussi penser au risque de COVID-19. Nous devons commencer par penser au risque de COVID-19. 

Plus particulièrement pendant le passage à la nouvelle année, du 29 décembre au 3 janvier, le système médical ne fait que répondre aux urgences. Dans ce cadre, nous avons demandé au gouvernement de Tokyo de fournir une prime de coopération. De cette manière, nous demanderons aux médecins de quartiers de garder leur établissement ouvert durant cette période, dans la mesure du possible. Cela leur permettra de fournir des soins. Nous leur demandons d’ouvrir au moins 4 heures par jour. 

Ensuite, chaque call center, gouvernement local, etc. partagera ces informations.

Dr. Hirakawa – Santé mentale

Je suis chargé du système de fourniture de soins psychiatriques.

Durant la conférence de presse précédente, j’ai expliqué les informations concernant le suicide. Depuis, la tendance continue à empirer. 

État des lieux

Entre 2019 et 2020, le nombre de suicides est passé de 1052 à 1302. Pour les femmes, ce nombre passe de 454 à 851. Il s’agit d’une forte augmentation. 

Normalement, le taux de suicide descend en fin et début d’année. Cette année, nous espérons que cela sera le cas à partir de maintenant. 

NdT : En cas de « pffff, grrrr, sniffff et autre ras-le-bol », Infos Locales au Japon propose un carnet d’adresses d’aide en français ou dans d’autres langues étrangères. N’hésitez pas à le consulter pour trouver de l’aide, même si cela n’est pas un gros problème !

Le tableau suivant représente le nombre de suicides par mois, tranche d’âge et genre.

Comme on peut le voir, le nombre de personnes jeunes qui est passé à l’acte depuis le mois de juin environ a augmenté.

Pour les hommes, ce sont essentiellement les jeunes génération qui sont touchées. 

Dans le cas des femmes, la tendance est particulièrement prononcée. Quand on regarde la tendance, toutes les générations sont concernées, et a considérablement augmenté. 

En ce qui concerne les signes avant-coureurs, ce que pendant l’épidémie, la tendance était à la baisse. Comme pour les hommes, au bout du compte, depuis le mois de juin, à commencer par les tranches d’âge les plus jeunes, le nombre a considérablement augmenté. 

Regardez les femmes de moins de 20 ans en août. Le taux d’augmentation du suicide a augmenté de 363,6%. Cela représente trois fois le nombre des années précédentes. De même, en octobre, ce sont toutes les tranches d’âge qui sont concernées. Cette fois, les suicides ont pour caractéristique d’être liés au coronavirus.

Si on ne sépare pas les genres, en octobre, le nombre total de suicides a augmenté de 40%. Si on rentre dans les détails, pour les femmes, il s’agit d’une augmentation de 80%, et 20% pour les hommes. Les femmes représentent près de 40% des passages à l’acte. En temps normal, en général, 70% sont des hommes et 30% des femmes. 

En outre, par tranche d’âge, ce sont surtout les suicides de personnes jeunes qui augmentent.

Comme je l’ai expliqué précédemment, en août, là où on enregistrait 11 suicides chaque année, on en enregistre 40, soit environ 40 fois plus. En octobre, le nombre a été multiplié par deux pour les tranches de 20 à 29 ans, 30 à 39 ans, 40 à 49 ans. 

Ce sont essentiellement les jeunes générations qui sont touchées. Jusqu’à présent, le nombre de suicides était particulièrement présent parmi les gens d’un âge moyen à âgé. Cependant, on ne voit a pas de grande différence avec les autres années.

Nous sommes très inquiets de ce qui va se passer dans le futur. 

L’analyse des raisons progresse

Cette fois, l’analyse des raisons qui poussent au suicide est à peine commencée, et n’est pas confirmée. Cependant, je vais parler de mon intuition en tant que praticien psychiatre

Le nouveau coronavirus a amené des restrictions de sortie, des fermetures d’écoles, le travail à domicile, l’isolement, le chômage, des problèmes de gestion, etc. 

Par exemple,

  • Le fait de travailler de chez soi a fait empirer la situation auprès des collègues. 
  • Il y a eu des licenciements. Les limites de déplacements ont aussi causé une baisse des revenus, et ces personnes ou leur famille ont du mal à subvenir à leurs besoins.
  • Les familles sont obligées de vivre ensemble de manière proche, et il n’est pas possible de prendre la distance psychologique nécessaire.
  • Parmi les personnes qui vivent seules, certaines se sentent plus isolées. Cela est particulièrement notable parmi les jeunes étudiants et les nouveaux employés, ainsi que ceux qui ont été transférés. 
  • Le lien avec les établissements d’aide qui fournissent des structures de soutien social aux personnes handicapées par exemple s’est affaibli. 

Quand on regarde le processus qui mène au suicide, on voit que les problèmes émotionnels qui existaient déjà avaient empiré chez ces personnes. On a aussi pu voir des cas de personnes qui ont commencé à se sentir instable après un événement qui a blessé ces personnes. 

Dans d’autres cas, les symptômes psychiatriques s’aggravent en raison de la fermeture des organisations de soutien, des consultations manquées, des médicaments pris de manière plus irrégulière, etc.

Il y a encore beaucoup de faits que nous n’avons pas encore pu vérifier, mais c’est déjà un début d’information.

Que faire quand on ne se sent pas bien

La question est de savoir ce qu’il faut faire. 

  • Même si on doit restreindre les sorties et travailler à la maison, il est important de ne pas changer le cycle de sommeil et des repas.
  • Le matin on peut avoir envie de trainer au lit. Il vaut mieux sortir pour profiter des rayons du soleil et marcher.
  • Ne pas se focaliser sur les informations déstabilisantes. Rechercher les bonnes informations. 
  • S’arrêter et faire des pauses.
  • Être conscient de ses sentiments, les exprimer, et consulter un ami.
  • Rester connecté avec les amis de confiance et la famille.
  • Appliquer sa propre méthode de lutte contre le stress que l’on sait marcher.
  • Ne pas se reposer sur le tabac, l’alcool et les jeux de hasard.
  • Faire ce qui a marché jusqu’à présent pour surmonter les moments difficiles.
  • Faire attention quand on n’a plus envie de faire les choses que l’on aime, ou quand on n’arrive plus à rire. Pour ces personnes, il vaut mieux contacter sans hésiter des spécialistes,

À cette occasion, je rappelle qu’il peut être utile d’avoir un médecin qui suit ces problèmes psychologiques. 

NdT radote encore et toujours… En cas de « pffff, grrrr, sniffff et autre ras-le-bol », Infos Locales au Japon propose un carnet d’adresses d’aide en français ou dans d’autres langues étrangères. N’hésitez pas à le consulter pour trouver de l’aide, même si cela n’est pas un gros problème !

Le nouveau coronavirus est capricieux et aime et déteste certaines choses

Dans un futur proche, certains d’entre nous pourraient être cas contacts ou pourraient se faire infecter. Certains de ces cas vont vivre parmi les personnes négatives. Aussi, le document suivant a été proposé par le Dr. Okabe de l’Institut de recherche sur la santé et la sécurité de la ville de Kawasaki.

Il montre ce que le virus aime et déteste.

Si on divise les préférences en deux groupes, ce virus aime les préjudices, la discrimination, la calomnie, les conflits, les séparations.

Un nombre incroyable de personnes infectées sont victimes de ces actes, ce qui est particulièrement regrettable. Je souhaite vraiment que les gens fassent de la ségrégation ou isolent les gens. 

Au contraire, ce que le virus n’aime pas et déteste, c’est la générosité, la gentillesse, les liens, la coopération et la coordination. 

Ces points sont très importants et jouent sur la propagation du virus. Ce virus n’aime pas cela. 

Je demande à chacun d’être conscient de ces choses. Nous allons au-devant de moments difficiles. Cependant, plutôt que la division, qui empêchera de gagner cette lutte, il nous appartient de rester chaleureux pour surmonter ces épreuves. 

Dr. Wadai – Urgences cardiovasculaires

Je suis chargé des urgences. Je souhaite parler des dangers liés aux consultations en cas de crise médicale pour les services cardiovasculaires de Tokyo. 

Les données que je présente aujourd’hui viennent du CCU network de Tokyo. 

Je commence par le système de Tokyo concernant les urgences en cas de problème cardiovasculaire.

Fonctionnement des soins médicaux et urgences cardiovasculaires

Pour commencer, 73 hôpitaux participent au CCU network. Celui-ci concerne les patients qui font un infarctus aigu du myocarde. Il travaille essentiellement sur les insuffisances cardiaques soudaines. En temps normal, ces hôpitaux peuvent mettre un cathéter en moins de 60 minutes n’importe quel jour et à n’importe quelle heure. Selon les statistiques de l’an dernier, ceux-ci font environ 2,5 millions d’opérations par an. Il est à noter qu’en hiver, le nombre d’opérations pour infarctus a tendance à augmenter.

Un deuxième réseau, le network « Aorte aiguë ». Son rôle est de procéder à des opérations en urgence sur l’aorte. Chaque jour, 15 hôpitaux agréés peuvent faire ces opérations tous les jours. 24 autres hôpitaux peuvent faire ces opérations de manière ponctuelle. Je ne sais si vous avez entendu parler de la « dissection aortique aiguë » qui est très mortelle. À Tokyo, cette condition a suscité environ 1700 opérations par an.

Je souhaite expliquer ce qui se passe cette année pour ce genre d’opérations cardiologiques en urgence depuis la propagation du nouveau coronavirus.

Ce qui s’est passé pendant la première vague

D’abord, au moment de la première vague, entre avril et mai, nous avons à peine réussi à nous en sortir.

17 sur les 73 hôpitaux du CCU Network ont été contraints d’arrêter l’accueil des patients pour ces opérations. Cela est dû aux contaminations dans les hôpitaux, mais aussi parce que les services d’urgence de certains de ces hôpitaux étaient désignés pour le traitement de la COVID-19.

L’an dernier, ces 17 hôpitaux effectuaient 20% des opérations cardiaques pour les infarctus du Myocarde à Tokyo. Donc, en avril et mai, qu’ont fait ces patients ? En particulier, dans les districts centraux (Chiyoda, Chuo, Daito, Bunkyo, Shinjuku, Shibuya), les hôpitaux ont dû refuser 45% des admissions. Les hôpitaux des autres régions ont fait ce qu’ils ont pu pour les aider. C’est comme cela qu’ils ont à peine réussi à s’en sortir pendant la première vague.

Ce qui se passe en ce moment

Donc, maintenant, qu’en est-il ?

Pour le moment, nous sommes particulièrement en difficulté avec le réseau « Aorte aiguë ». Pour le moment 3 hôpitaux agréés qui fonctionnent tous les jours pour ces opérations ne peuvent plus accepter de patients. Un hôpital de support qui fonctionne de manière ponctuelle est aussi dans l’incapacité d’accepter des patients. Cela représente 4 hôpitaux (sur les 39 hôpitaux). Selon les statistiques de l’an dernier. Ces 4 hôpitaux avaient traité 27% des aortoses d’urgence. Cela signifie qu’ils ne peuvent pas répondre à 27% des cas.

Il faut noter que ces hôpitaux ne font pas que des opérations. Cependant, ces 27% de cas comptent les 15% qui ne peuvent pas survivre sans une opération. Ce qui veut dire que l’on ne peut pas opérer en urgence 15% des aortoses.

À l’heure actuelle, nous ne sommes pas dans l’impossibilité d’opérer ces personnes qui en ont besoin. D’autres hôpitaux arrivent à aider, mais à peine. En revanche, si dans le futur, il y a d’autres contaminations dans un de ces hôpitaux, ce qui les oblige à fermer, il sera de moins en moins possible de faire ces opérations. Aussi, il faut trouver un moyen de contenir la progression du virus, à tout prix.

Pour conclure, le système d’urgences cardiologique de Tokyo fait tant bien que mal face à une crise. Nous appelons donc la population à tout faire pour empêcher la progression du virus. Le virus se propage sans pouvoir le voir, et il faut l’arrêter.

Autres informations

Le 10 décembre, Tokyo a tenu sa réunion hebdomadaire de monitoring. Le système reste toujours au rouge et orange. Parce qu’il y a eu beaucoup d’informations hier, Infos Locales au Japon ne traduit pas cette retransmission. Il est possible d’écouter le message en anglais de la gouverneure de Tokyo sur son site.

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